[Expo] Waldemarsudde : L’odeur de la peinture, une sélection de Carl Johan De Geer

Publié le par hibiscus

24 août 2007 – 27 janvier 2008. Waldemarsudde donne carte blanche à Carl Johan De Geer.


Qui est Carl Johan De Geer ?


Carl Johan De Geer
(né en 1938), membre de la grande famille De Geer originaire de Hollande, est un artiste suédois qui aime la provocation, à commencer par sa rupture avec son entourage bourgeois. Il est un peu touche-à-tout : peintre, auteur, cinéaste, musicien, designer, journaliste culturel, photographe et scénographe.


En 1967, il choqua en exposant dans une galerie de Stockholm des affiches incitant à ne pas prendre les armes : ”Trahissez la nation, soyez anti-patriotique”. Parmi les films qu’il a fait, on peut noter celui qui traite de sa grand-mère maternelle et de son entourage sympatisant avec le nazisme, une question non sans tabu en Suède.



Commissaire d’exposition à Waldemarsudde


À Waldemarsudde, Carl Johan De Geer a pu botaniser parmi les archives, les collections de peintures, de dessins et des milliers de diapositives avec pour but de créer une exposition qu’il intitula « Doften av färg/A Smell of Paint » et qui prend maintenant place dans les six salles de la Galerie (tandis que le ”château” abrite momentanément une exposition de pop art).


Dans cette exposition, on peut voir beaucoup d’œuvres de contemporains du prince Eugen (qui fit construire Waldemarsudde) : dessins de la princesse Eugénie, ceux de l’époque schizophrène d’Ernst Josephson, ses peintures de nus masculins, des nature mortes en petit format, le portrait grandeur nature du prince par Zorn et deux nus féminins, etc …


Prince Eugen, peintre

La grande salle est consacrée au prince Eugen en tant qu’artiste. Dans un coin, Carl Johan De Geer a essayé de reconstitué l’atelier du prince, avec de longues tables, des palettes et des tubes de couleurs, des chevalets pêle-mêle, des bouquets de fleurs fanés. Tout a vraiment appartenu au prince ; De Geer a même trouvé une bouteille de térébenthine encore pleine, dont il vide chaque jour quelques gouttes dans une coupelle pour répandre dans la salle une odeur de peinture.


Prince Eugen
en tant que membre de la famille royale (1865-1947, fils de Oscar II et Sophie de Nassau, frère de Gustav V) ne pouvait pas gagner sa vie comme peintre. Il obtint l’autorisation de faire des études d’art, mais n’avait pas le droit de vendre ses œuvres, puisqu’il recevait un apanage de la Cour. Au dos de ses œuvres, il avait l’habitude de signer en ajoutant la mention « Utan värde » (= sans valeur) …


Contrairement aux autres artistes de son époque, qu’ils aient du succès ou non, il gardait tout : les dessins, les esquisses, les études, les huiles, achevées ou non. (Les autres artistes préféraient supprimer toutes traces de travail préliminaire à leurs chefs-d’œuvres.) De cette manière, on peut suivre l’évolution artistique du prince dans ses essais, ses hésitations, ses doutes, ses réussites, ses échecs.



Bel accrochage


Carl Johan De Geer a fait un très beau travail d’accrochage. Pareil à lui-même, il a cherché à bousculer un peu les conventions : ne pas accrocher un grand tableau là où on s’y attend – pour justement désacraliser la grande salle –, mais plutôt dans la dernière et plus petite salle de l’exposition, ne pas suivre d’ordre chronologique, remettre en question les notions d’art de qualité. Il ne se gêne pas non plus pour traiter l’art de Zorn de kitsch tout en lui reconnaissant une maîtrise parfaite quand il s’agit de peindre le clapotis de l’eau. Mais le tout est fait dans un grand respect pour l’œuvre du prince Eugen qu’il a cherché à comprendre au mieux, sans la valoriser ou la dévaloriser.



Pour voir des reproductions des œuvres exposées, cliquez ici.




Commentaire de : vic
Le mardi 2 octobre 2007 à 11:05 
Ah! j'aime moins ... je trouve ça trop doux, trop pastel!

Commentaire de : hibiscus
Le mardi 2 octobre 2007 à 11:07
@ vic : Ah, c'est vrai que c'est pas le même style. Ce n'est pas la même époque non plus. En fait, j'ai plus de mal avec l'art moderne, mais si on me l'explique un peu, j'apprends à l'apprécier.

 

 

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