[Expo] Moderna Museet : Lars Tunbjörk, Winter/Home

Publié le par hibiscus

Du 1er septembre au 9 décembre 2007. L’exposition montre les deux derniers projets en date du photographe.


Le photographe


Lars Tunbjörk
est né en 1956 dans la petite ville de Borås. Adolescent, il commença à photographier pour le compte de la gazette du coin Borås Tidning, puis pour Stockholm-Tidningen. Il est autodidacte et son art photographique d’aujourd’hui porte les traces de ses débuts de carrière : des images documentaires, un regard journalistique, mais sans mot. Il se contente en effet de nommer ses œuvres avec le nom de la ville et l’année où les photographies ont été prises.


Il utilise toujours des flashs assez puissants pour obtenir un résultat assez cru. Il travaille la photo « traditionnellement », c’est-à-dire de manière analogue : avec des films, qu’il développe lui-même. Il peut ainsi contrôler lui-même les nuances, la luminosité, certains détails, mais presque toujours sans aucune retouche. Il développe toujours en couleurs car il trouve que cela augmente la qualité documentaire des photos tandis que le noir et blanc leur donne un ton trop romantique.



« Landet utom sig »


En 1993, il publiait son premier recueil de photos qu’il nomma « Landet utom sig » (ou « Le pays hors de soi »). Il y montrait sa fascination pour la globalisation et le commercialisme à travers des images humoristisques, absurdes, parfois assez noires. On l’a critiqué pour faire preuve de mépris et de condescendance envers ses motifs et modèles, on y a vu une critique de la société, de l’auto-ironie. Pour lui, il s’agit simplement d’images prises sur le vif dans des environnements familiers et souvent reconnaissables de tous. Il veut documenter son époque le plus objectivement possible.



« Office »


Après cette première série, il se plongea dans un projet d’envergure internationale. Il voulait photographier les choses les plus quotidiennes qui soient et cela donna le livre « Kontor » (ou « Office ») montrant des intérieurs de bureaux en Suède, aus États-Unis et au Japon. Il obtint sans problème l’autorisation de photographier les bureaux suédois, mais dans les deux autres pays il eut besoin du soutien de journaux et d’ambassades pour mener à bien son projet. L’ordre presque maniaque des bureaux suédois contrastent énormément avec le désordre et l’étroitesse des bureaux japonais.



« Ceux-là »


Avec la série « Dom alla » (ou « Ceux-là »), il collabora avec l’auteur suédois Göran Odbratt qui rédigea les textes accompagnant des images illustrant la vie au sein des services d’aide sociale. Tunbjörk n’avait alors jusqu’à maintenant jamais travaillé avec ce genre de questions et se trouva face à certains problèmes éthiques. Mais au bout du compte, il se souvient de rencontres magnifiques et de discussions très intéressantes avec les employés comme avec les patients. Il photograhia encore une fois des intérieurs et fit des portraits, le tout publié dans un nouveau livre.



« Home »


Quand son père décéda, il revint à la maison de son enfance à Borås, où sa mère vit toujours, et comme pour faire son deuil, il photographia les lieux qui lui sont les plus chers. Cette série « Hem » (ou « Home ») ne comporte aucun être humain, seulement des maisons, des lotissements, des jardins, des boîtes aux lettres, des intérieurs etc ... Ces photos sont très personnelles mais en même temps, tout le monde s’y reconnaît plus ou moins, et le spectateur ne ressent donc peut-être pas toujours la charge d’émotion qu’elles portent en elles.



« Winter »


Le dernier projet en date s’appelle « Vinter » (ou « Winter »). C’est une mission que Tunbjörk reçut du journal Göteborgs-Posten ; il était complètement libre de faire ce qu’il voulait. Mais il fait partie de ces Suédois qui dépriment en hiver et il n’a en général aucune énergie de janvier à april. Pourtant, il a réussit à se sortir de sa torpeur pour mener à bien son projet qui s’étendit finalement sur quelques années. Dans ce cas précis, on peut presque parler de travail thérapeutique. À travers ce projet, il décrit l’hiver suédois non pas comme une saison, mais surtout comme un état d’être et d'esprit que seuls peut-être les gens du Nord comprennent : le froid, l’obscurité, la neige sale, le confinement au chaud dans les maisons, ou les saoûleries du week-end dans les boîtes à la mode.


Vous pouvez voir quelques photos de Lars Tunbjörk en cliquant sur les liens intégrés au texte.





Commentaire de :  vic
Le mardi 2 octobre 2007 à 10:59
merci pour ce post, ma culture photo est nulle et j'ai trouvé ton exposé très intéressant

Commentaire de : hibiscus
Le mardi 2 octobre 2007 à 11:18
@ vic : Merci du compliment, ca fait plaisir, :-) d'autant que c'est la première fois que je me lance à écrire sur l'art.

Commentaire de : Deline
Le mercredi 3 octobre 2007 à 09:42
Moi, jai pas eu le courage de tout lire mais je suis sûre que c'est très bien. En fait, ce que j'aime pas c'est quand y'a des mots suédois...ça me bloque

Commentaire de : hibiscus
Le mercredi 3 octobre 2007 à 09:51
@ Deline : Eh, y'a pas trop de mots suédois, et puis je traduis tout le temps.

Publié dans Culture

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