Le palais de Drottningholm

Publié le par hibiscus

Informations pratiques et petite visite guidée virtuelle.


Comment s’y rendre ?

En transport en commun, depuis Stockholm, prenez la ligne verte du métro en direction de Hässelby strand/Åkeshov jusqu’à la station Brommaplan. Ensuite, il faut compter 5-10 min en bus. Tous les bus ayant les numéros de 301 à 323, mais aussi 177 et 178 y vont.

Si vous venez en voiture, cliquez sur ce lien pour plus d’information.

En été, du 29 mai au 10 septembre, les bateaux de Strömma Kanalbolaget partent de Stadshusbron (à côté de Stadshuset), toutes les heures entre 10h et 16h. En une heure voire moins, vous arrivez à Drottningholm. Ils repartent du palais toutes les heures entre 11h et 17h. Le tout dernier bateau part à 19h30. L’aller-retour coûte 125 couronnes, un aller-simple 95 couronnes. Il y a aussi la possibilité d’acheter un billet combiné comprenant la visite de Drottningholm, pour 205 couronnes.

Les bateaux allant à Drottningholm s’appellent M/S Prins Carl Philip, M/S Angantyr et S/S Drottningholm. (N.B : M/S veut dire « motor ship » = bateau à moteur et S/S veut dire « steam ship » = bâteau à vapeur).


Combien ça coûte ?

Si vous n’avez pas le billet combiné de Strömma, il faut payer l’entrée.
  • Adultes : 70 couronnes.
  • Enfants (7-18 ans) et étudiants : 30 couronnes


On peut aussi acheter un billet combiné pour visiter le palais de Drottningholm et le Pavillon Chinois qui est moins cher que les deux tarifs ajoutés et qui donne droit à un réduction, si on veut aussi visiter le Théâtre de Drottningholm.


Horaires d’ouverture

  • De mai à août : 11h – 16h30.
  • Septembre : 12h – 15h30.
  • D’octobre à avril : samedi et dimanche 12h – 15h30.



Visite guidée

La visite guidée, de juin à août, est compris dans l’entrée. Les visites guidées de Drottningholm commencent à 10h, 12h, 14h et 16h. Il y a toujours possibilité de suivre la visite soit en suédois, soit en anglais (deux groupes).

Une visite guidée dure environ 45-50 min. On peut ensuite se promener dans le parc à la française tout en se dirigeant par exemple vers le Pavillon Chinois qu’il ne faut, à mon avis, pas louper.

On peut bien sûr choisir de ne pas suivre la visite guidée.


Historique du palais

Déjà au XVIème siècle, l’endroit était un domaine royal qui appartenait au roi Gustave Vasa (1496-1560). Son fils, Johan III (1537-1592) y fit construire un petit château en cadeau de mariage pour son épouse polonaise, la reine Katarina Jagellonica (1526-1583) . C’est à partir de ce moment-là qu’on appelle le lieu « Drottningholm » = l’ilôt de la reine. Le palais est en effet situé sur l’île de Lovö. Plus tard, en 1661, la reine régente Hedvige Eleonore (1636-1715), veuve du roi Charles X (1622-1660), rachète le domaine. Suite à un incendie, elle demande à son architecte, Nicodemus Tessin l’ancien (1615-1681), de construire un nouveau château. C’est là que commence l’histoire de l’actuel palais de Drottningholm.



Trois styles

L’intérieur du palais a été restauré au début du XXème siècle et on a choisit de se concentrer sur trois périodes différentes :

  • le baroque d’Hedvige Eléonore ;
  • le rococo de Louise Ulrique ;
  • le style gustavien (classicisme) de Gustave III.


Le circuit de la visite suit chronologiquement l’évolution de ces trois styles, mais il faut garder à l’esprit que pièces de style rococo ou classique étaient aussi utilisées à l’époque baroque, bien évidemment.


Un palais baroque

Tessin l’ancien construit un palais baroque, le style de l’époque. Il s’inspire des architectures française et italienne et réussit à en faire quelque chose de tout à fait original quand même. Son fils, Tessin le jeune (1654-1728), lui succède après son décès. Il reprend en particulier les plans du jardin que son père avait fait et, inspiré entre autre par le Versailles de Louis XIV lors de ses voyages d’études en Europe, il en fait un grand jardin baroque, ou « à la française ».


Les appartements d’apparat baroque de la reine Hedvige Eléonore

Les pièces restaurées dans le style baroque constituent les appartements d’apparat de la reine Hedvige Eléonore. Il y a d’abord une salle des gardes, avec des tentures de cuir doré aus murs et des portraits des géneraux du roi Charles X. Puis une antichambre verte portant le monogramme de la reine : « HERS » = Hedvige Eléonore Regina Svecia (reine de Suède, en latin). Dans cette antichambre, on a voulu montrer de manière pédagogique les trois styles présents dans le château : des tables baroques, des chaises rococo et des miroirs et des consoles gustaviens. Les visiteurs pouvaient attendre en déambulant dans la galerie attenante, une galerie consacré aux batailles de Charles XI.

Vient ensuite le salon d’Ehrenstrahl, la chambre d’audience de la reine. Ehrenstrahl (1628-1698) était le peintre de la cour de l’époque et dans cette pièce, on peut voir 6 grands tableaux de lui qui forment un discours de propagande politique. On y retrouve entre autres les portraits de Charles X, de son fils Charles XI et de son petit-fils Charles XII. Il est évident que la reine voulait de cette manière-là montrer la continuité de la dynastie royale et stabilité du pouvoir royal en Suède. Ce sont des tableaux typiquement baroques, contenant beaucoup de symboles pas toujours évident à traduire de nos jours.

Enfin, la dernière pièce, la chambre d’apparat, se doit de terminer cette suite dans la splendeur. C’est paraît-il la pièce baroque la plus magnifique de Suède. La reine n’y dormait pas bien sûr ; elle n’y recevait que ses visiteurs les plus éminents. Là aussi les peintures portent un message symbolique : l’union entre la reine et le roi et l’éducation du futur roi Charles XI. Louise Ulrique par contre utilisait cette pièce comme sa chambre privée (elle y dormait donc) et, plus tard, son fils Gustave III y organisait ses levers, à l’image de Louis XVI.


Les appartements privés rococo de Louise Ulrique

Quand Louise Ulrique (1720-1782), prinsesse preussienne, sœur de Frédéric le Grand de Prusse, emménage à Drottningholm, eller trouve le style baroque un peu dépassé et demande un réaménagement dans le style à la mode : le rococo (à l’exception de la pièce précédente, l’ancienne chambre d’apparat d’Hedvige Eléonore). Dans salon vert, on pouvait voir autrefois une partie des collections de peinture française de Louise Ulrique. Aujourd’hui, on y voit des portraits au pastel entre autre de la reine, du roi Adolphe Frédéric (1710-1771) et de leurs quatre enfants : Gustave III (1746-1792), Karl XIII (1748-1818), Frédéric Adolphe (1750-1803) et Sophie Albertine (1753-1829). On peut aussi admirer des chaises brodées par la reine elle-même et ses dames d’honneur. On traverse ensuite un petit cabinet pour ensuite aboutir dans le salon bleu qui tient son nom des tapisseries de soie indienne bleue. C’était un peu le bureau de la reine, mais il n’y a plus aujourd’hui de meubles qui témoignent de cet usage. On y voit encore des portraits, entre autre un portrait posthume de Gustave III de Carl Fredrik von Bredas, à la touche presque impressionniste, et de son épouse Sophie Madeleine (1746-1813) par Alexandre Roslin. Regardez spécialement le traitement de la soie, de la dentelle et des broderies de sa robe, et vous comprendrez toute l’adresse artistique de Roslin.
Vient ensuite la bibliothèque de la reine. Louise Ulrique était une femme de son temps, le siècle des Lumières. Elle correspondait avec Voltaire par exemple, elle créa l’Académie des Belles-Lettres en 1753. C’est elle qui a fait construire les ailes du 2ème étage du palais, de chaque côté du corps principal, et c’est dans une de ces ailes qu’elle a fait aménagé la bibliothèque, qui est orné du monogramme de la reine, du symbole de la Suède (les trois couronnes), de symboles des sciences, de la sagesse etc, et d’inscriptions latines. Tout un programme, là aussi. À la suite de la bibliothèque, il y a des petites pièces (non visitables) qui contenaient les collections de pièces, d’antiques, de naturalia etc. de la reine.

Il faut ensuite repasser dans les appartements privés de Louise Ulrique pour retourner dans le vestibule de l’entrée du palais et monter au deuxième étage. Au passage, arrêtez-vous quelques secondes dans la garde-robe de la reine pour y admirer un lustre et deux chandeliers en argent, rapportés par Gustave III de Paris.


L’escalier

Avec l’escalier, on revient un peu en arrière, au style baroque et à la reine Hedvige Eléonore, puisque la majorité de sa décoration date de cette époque. Il faut garder à l’esprit que le but de la reine, avec ce palais, était de montrer à ses invités que la Suède était une grande puissance européenne. L’escalier étant la première chose que l’on voyait (et que l’on voit encore aujourd’hui) en rentrant dans le palais, on n’a pas vraiment lésiné sur les dépenses. La cage d’escalier est immense, large et haute, et de plus surélevée par un lanternin, décoré d’une peinture allégorique portant le monogramme de la reine « HE ». Le long de l’escalier, il y a des statues de marbre, représantant les 9 muses, la plus importante, Clio, muse de l’histoire, pointant le doigt vers le monogramme de la reine : une manière de dire que la reine aura sa place dans l’histoire de la Suède. Les peintures murales sont des trompe-l’œil, procédé tout à fait typique du baroque : on a imité des marbres de différentes couleurs, des sculptures en relief et des fresques qui approfondissent la perspective.

Depuis le vestibule supérieur, on a une belle vue sur les jardins « à la française ». C’est à ce seul endroit qu’on à le droit de prendre une photo : si la fenêtre est ouverte, on peut photographier les jardins. Sinon, il est interdit de photographier à l’intérieur du palais. Une précision à propos du parc : il est ouvert au public 24h/24, toute l’année, et la plupart des pelouses sont « libres d’accès ». Idéal pour faire un pique-nique, faire des photos de mariages etc ... ;-)


 


Les appartements gustaviens de Gustave III


Gustave III était donc le fils de Louise Ulrique. Ses relations avec sa mère n’était pas des plus harmonieuses, et une fois devenu roi et sa mère ayant des problèmes financiers, il lui retira le droit de vivre à Drottningholm. Comme déjà dit, il utilisait donc la chambre d’apparat d’Hedvige Eléonore pour ses cérémonies de lever auxquelles certains hommes de la cour avait le privilège d’assister.
Au deuxième étage du château, il reste deux pièces de style gustavien : le salon de conversation extérieur ou salon bleu et le salon de conversation intérieur ou salon chinois. Dans le premier, on peut voir un bel exemple du style gustavien où la symétrie jouait un rôle si important qu’on pouvait construire deux portes même si on n’en avait besoin que d’une seule. ;-) L’horloge est prussienne ; le buste un cadeau de l’impératrice Catherine de Russie à son cousin Gustave III ; le placard en marqueterie est décoré de scènes du travail de la soie et contient justement des échantillons de soie multicolore.

Le salon chinois tient son nom des soieries peintes à la main importés des Indes que l’on voit dans les coins, derrière les battants des deux portes, et au poêle « chinois » qui est en fait russe (encore un cadeau de l’impératrice à son cousin). Il n’a absolument rien de chinois, mais c’est un très bon exemple des chinoiseries qui se faisaient en Europe à cette époque-là. Ce genre d’objet montre quelle perception les Européens avaient de la Chine et du monde asiatique en général. Cette perception était déjà déformée au départ par les objets que les Chinois fabriquaient spécialement pour les Européens, adaptés à leurs goûts (pour être sûrs de vendre ;-) ). Rajoutez là dessus les intréprétations plus ou moins fantaisistes à l’européenne, et vous obtenez un mélange tout à fait exotique ! :-D

Pour ce qui est du reste de ce salon, vous pouvez y voir une tapisserie des Gobelins, cadeau de Louis XVI à Gustave III, une horloge qui, quand elle marchait, pouvait jouer trois carillons différents et une commode-lit (précurseur d’IKEA ? ;-) ) du célèbre ébéniste suédois Georg Haupt. Le plafond vient à l’origine de l’Opéra de Gustave III à Stockholm, où il a été assassiné en 1792.


Le Drottningholm du XIXème siècle

Après Gustave III, le palais de Drottningholm n’est plus vraiment utilisé jusqu’aux années 1980, époque à laquelle l’actuelle famille royale décide d’en faire sa résidence principale. En effet, les rois et reines des XIXème et XXème siècle préféraient habiter au palais royal de Stockholm. Mais on peut voir malgré tout quelques traces du XIXème siècle à Drottningholm. Par exemple dans la salle d’Oscar, nommée après Oscar II (1829-1907) dont on peut voir le portrait peint par Oscar Björk, une pièce restaurée dans le style néo-baroque.

Pour parfaire l’impression baroque, on y a tendu des tapisseries anglaises, cadeau de mariage d’Hedvige Eléonore et de Charles X, qui représentent l’histoire d’Hero et Leander (tirée des Métamorphoses d’Ovide), et on a placé des consoles Boulle de part et d’autre de la cheminée.



On traverse ensuite une pièce consacrée aux portraits des généraux de Charles XII, puis la galerie des batailles de Charles XI (exactement au-dessus de celle de son père). Depuis un petit salon jaune, on peut jeter un coup d’oeil à la chambre des reines, où sont accrochés des portraits des épouses des régents exposés dans la salle suivante : la salle du trône. Cette salle, dont le plafond peint date de l’époque baroque, est la plus grande du palais. Elle est ornée de portraits d’Oscar I (1799-1859, fils Jean-Baptiste Bernadotte, général de Napoléon, adopté par Charles XIII) et des régents européens de son époque, formant ainsi une Galerie contemporaine. Cette salle était utilisée pour les grandes occasions telles que banquets, fêtes et bals.







Drottningholm, résidence privée de la famille royale

Le reste du palais est fermé au public, puisque la famille royale suédoise l’utilise comme résidence privée. Ne vous attendez pas à les voir au détour de votre visite. Le palais étant ouvert de 10h à 16h30, il est facile de s’imaginer que la famille royale parte à ses occupations quotidiennes avant que les touristes arrivent et rentre après le départ de ces derniers. De plus, la famille royale passe souvent ses vacances à (http://www.sollidensslott.se/ ) Soliden ou à l’étranger (en Provence par exemple) et n’est donc pas à Drottningholm une grande partie de l’été. J’y ai travaillé deux étés et je n’ai jamais vu une « silhouette royale », une voiture de sport tout au plus une ou deux fois.


Drottningholm, patrimoine mondial

Enfin, un dernier mot sur le domaine royal de Drottningholm qui fait partie, depuis 1991, du patrimoine mondial. Voici la motivation de l’Unesco :

« Situé sur une île du lac Mälar dans la banlieue de Stockholm, l'ensemble de Drottningholm, avec son château, son théâtre construit en 1766 et parfaitement préservé, son pavillon chinois et ses jardins, est le meilleur exemple de résidence royale d'Europe du Nord du XVIIIe siècle inspirée par le modèle du château de Versailles. »

Et pour les critères d’acceptation sur la liste de l’UNESCO :

« offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine ».

C’est donc le domaine entier qui est ici pris en compte : le palais, le parc, le théâtre, le Pavillon Chinois et les bâtiments attenants (anciennes écuries, logements du personnel etc).



Commentaire de : deline
Le mercredi 26 juillet 2006 à 18:02
Il fait trop chaud pour tout lire...mais les photos sont belles ;-)

 

Publié dans Culture

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Commenter cet article

imonjo 20/05/2008 17:01

Merci pour ta réponse si rapide.Je vais lire ça dans le train. cela me fera passer un moment agréable.Isabelle

hibiscus 20/05/2008 17:35


Ca me fait plaisir d'apprendre que mon blog procure des moments agréables !


imonjo 20/05/2008 14:26

Tiens, c'est bizare : il me semblait que tu avais fait un commentaire complet sur le Pavillon chinois.J'ai sans doute confondu avec le fait que tu travaillais là-bas.Oui, j'y suis allée il y a 15 jours et le guide en français prété à l'entrée était déjà emprunté. Du coup, je suis restée sur ma faim...Te souviens-tu d'un petit meuble avec apparemment un nécessaire à couture ou à broderie en ivoire ? Pourrais-tu m'en dire un peu plus sur cet objet ?Ce serait super gentil.Isabelle

hibiscus 20/05/2008 15:11


Tu as bonne mémoire imonjo ! :-) C'était sur mon ancien blog, et ça l'est toujours, j'ai pas encore déplacé tous mes articles. Voici le lien sur le Pavillon Chinois :
http://hibiscus.mon-blog.org/index.php/2006/07/28/109409-le-pavillon-chinois.

Je ne crois pas y parler de la table de couture. On croit qu'elle a appartenu à la reine Ulrica Eleonora. C'est un exemple typique d'objet en laque pour l'export.