7 ans en Suède

Publié le par hibiscus

Un petit flash-back pour expliquer à mes chers lecteurs ce que je fais en Suède.


Pourquoi la Suède ?

J’ai toujours voulu vivre à l’étranger. Je ne sais pas pourquoi. Ce n’est pas parce que je ne me plaisais pas en France, mais maintenant, je peux vous dire que je me plais beaucoup mieux en Suède quand même !

À la fin des années 1990, j’avais dans l’idée de poursuivre mes études d’histoire de l’art au Mexique, puisque j’étais (et suis toujours) fascinée par l’art aztéque et je parlais bien espagnol. Puis j’ai rencontré mon sambo suédois (au cours de l’été 1998) et j’ai changé de cap : direction la Suède ! :-D

Je ne savais alors rien de la Suède. Il me restait un an à faire à l’École du Louvre, mais j’étais plus intéressée à apprendre quelques mots de suédois avec la méthode Assimil pendant mes trajets en RER, à lire une livre d’histoire de la Suède et à préparer mon départ pour l’été suivant. (J’ai d’ailleurs raté mes examens d’histoire générale de l’art, même au rattrapage de septembre ...)



Débarquement en Suède

Je m’étais renseignée pour partir en tant qu’étudiant ERASMUS, mais mon école ne faisait pas ce genre d’échange. J’ai donc envoyé, au hasard, une lettre à l’ambassade de France en Suède pour trouver une place de jeune fille au-pair, qu’un attaché culturel a intercepté et le 2 juillet 1999, j’atterissais à Arlanda, avec je sais plus combien de kilos de bagages (j’ai payé une taxe de surpoids). :-)

Comme c’était les vacances d’été, j’ai suivi la famille dans leurs déplacements : d’abord quelques semaines dans une « stuga » dans l’archipel de Stockholm, sur l’île de Djurö, puis quelques semaines supplémentaires sur un îlot au large de Västervik, largement au sud de Stockholm, dans la région du Småland. Je rencontrais mon sambo les week-ends.

Djurö :


(Source photo)

Västervik :


(Source carte)

En septembre, j’ai commencé à prendre des cours de suédois à Folkuniversitet, en même temps que la routine de mon travail comme jeune fille au-pair se mettait en place : faire la lessive, le repassage, le ménage, aller chercher les enfants à l’école, les emmener jouer au parc, les aider avec les devoirs, préparer à dîner.

Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais le plus jeune des enfants avait des problèmes clairement psychologiques que les parents traduisaient comme de la comédie, et au bout d’un moment, j’ai eu ma dose (à mon sens, une jeune fille au-pair ne doit pas remplacer les parents). J’ai remis ma démission et fin janvier 2000, je les quittais.


Immersion totale

Les parents de mon sambo m’ont proposé de m’héberger le temps que je trouve quelque chose d’autre. Mais j’ai bien vite compris que c’était beaucoup plus compliqué que je croyais : j’espérais pouvoir louer une chambre chez l’habitant, une chambre de bonne ou quelque chose dans le genre, mais ça n’existe pratiquement pas en Suède. J’ai eu une chance énorme d’avoir de tels beaux-parents qui m’ont accueillis dans leur maison pendant plusieurs années, et qui n’ont jamais voulu recevoir d’argent en échange. (Ce n’est que 3 ans plus tard que nous avons pu, avec leur aide pour le prêt, acheter un appartement de trois pièces et nous y habitons toujours.)

C’est aussi à partir de ce moment-là qu’ils m’ont « obligée » à ne plus parler qu’en suédois. C’était très dur de faire ce pas, avec la peur de faire des fautes tous les trois mots, mais ça a aussi été un tournant décisif dans mon apprentissage du suédois. Le 14 février 2000, je commençais à suivre des cours au Komvux de Tyresö.


Premiers emplois

À l’automne 2000, je commençais à enseigner le français à des adultes, dans des cours du soirs, quelques heures par semaines, pour ABF. J’étais extrêmement nerveuse au début, mais petit à petit, j’ai trouvé de plus en plus d’assurance, et certains élèves ont suivis mes cours plusieurs semestres de suite. C’était une expérience très enrichissante, tant dans le domaine linguistique que dans le domaine pédagogique.

Au printemps 2002, je commençais à enseigner aussi à Folkuniversitet et petit à petit, j’ai eu des contrats de travail pour des remplacements dans les écoles suédoises. En juin 2004, j’ai arrêté de travailler dans les écoles parce que la situation d’enseignement était beaucoup trop compliqué et que ça me bouffer la santé (c’est à cette époque-là que je me suis attirée mes problèmes de « coude du joureur de tennis », pour cause de stress).

Mais j’ai continué mes cours à ABF et à la Folkuniversitet jusqu’à ce que j’achève mes études, jusqu’à ce que je commence à chercher du travail à plein temps. Ça a été très dur de quitter mes groupes d’adultes et j’aurais volontiers continuer, mais je voulais aussi me concentrer sur un « vrai » boulot. J’ai jamais vraiment enseigné pour ABF et Folkuniversitet pour l’argent. Évidemment, c’est un plus, quand on reçoit quelques milles couronnes à la fin d’un cours, mais je le faisais surtout pour mon propre plaisir, une sorte de loisir.


Étés dans les châteaux royaux suédois

À partir de l’été 2003, grâce à mes connaissances en histoire de l’art et surtout ma maîtrise du français, j’ai décroché des boulots d’été comme guide, d’abord au château de Gripsholm, puis à celui de Drottningholm. Là encore, même sentiment qu’au début de mes cours de français pour adultes, mais petit à petit, j’apprivoise les touristes et bientôt je les guide sans problème, en suédois, en anglais ou en français. De même que j’ai toujours un peu de contact avec quelques-uns de mes anciens élèves adultes, je suis toujours en contact avec quelques-unes de mes collègues de Drottningholm.

Y’a pas à dire, travailler dans un pays étranger aide vraiment : 1) à améliorer son suédois, dans mon cas, et 2) à établir des contacts sociaux qui peuvent se montrer utiles plus tard, voire même devenir des amitiés.


Études

En même temps, pendant tout ce temps, ma principale activité était quand même mes études, à Komvux d’abord, pour le suédois et quelques autres matières comme histoire, anglais, informatique, psychologie, puis à l’université de Stockholm. À l’automne 2002, je commençais des cours en science de la culture pour six mois. Puis j’ai enchaîné 1 ans et demi d’histoire de l’art, 1 an de polonais et 1 an d’archivistique (plus un peu de français pour le fun ;-) ).

J’ai vraiment apprécié ma période d’études universitaires en Suède. Ici, j’ai enfin eu l’impression que les profs prenaient les étudiants au sérieux et qu’ils nous considéraient comme des adultes capables de prendre nos propres responsabilités. J’ai mieux réussit mes études en Suède qu’en France, et je suis persuadée que l’ambiance de confiance qui règne ici y est pour beaucoup.

Quand j’étais à l’École du Louvre, les profs n’étaient pas pédagogues pour un sou et ils passaient leur temps à nous ridiculiser face aux auditeurs libres. Je n’ai jamais compris en quoi l’humiliation pouvait motiver les étudiants à bosser en vue de réussir leurs exams de fin d’année... Au lieu de ça, on arrivait à la période d’examens complètement stressés et fatigués, avec non pas le sentiment de réussir, mais plutôt celui de se planter à coup sûr. Je n’ai jamais eu cette sensation à la fac de Stockholm.


Début de « carrière » professionnelle

Archiviste à la mairie de Sigtuna
En juin 2005, j’estimais avoir fini mes études et je commençais à répondre aux annonces-emploi d’Arbetsförmedlingen qui m’intéressaient. Mais ce n’est pas cette tactique qui s’est avérée la plus bénéfique. En fin d’été, fatiguée de ne jamais être convoquées pour des entretiens d’embauche, je me suis décidée à envoyer des candidatures spontanées, dont une à une petite société de consultants en archives qui siège à Tyresö, là où j’habite, qui savait que la mairie de Sigtuna chercher quelqu’un pour une mission de 6 mois. J’ai passé un premier entretien avec cette société, puis un deuxième à la mairie de Sigtuna, et j’ai obtenu mon premier emploi à plein temps de cette manière-là.

Conservatrice au Natiolnalmuseum
À peine un mois après avoir été embauchée à Sigtuna, je reçois un coup de fil venant du Nationalmuseum : la femme qui m’avait embauchée en 2003 comme guide à Grispholm me demandait si je voulais bien travailler pour eux. Nouvel entretien courant novembre, si je me souviens bien, et avant Noël, je signe mon contrat d’embauche, qui commençait donc après la fin de mon emploi à Sigtuna. Cet emploi au Nationalmuseum prévu au début pour 3 mois, à été prolonger de deux mois et a finalement débouché sur un remplacement de 2 mois supplémentaires.

Archiviste à Moderna museet
Et comme je l’ai déjà raconté, j’ai récemment réussi à décrocher un nouveau boulot (en or, pour moi :-) ) qui débutera dès la fin de mon contrat au Nationalmuseum : archiviste à Moderna Museet, sur l’île de Skeppsholmen ! (Je vous donnerais bien sûr plus de détails le moment venu : cf mon Journal.)


Optimiste face à l’avenir

J’ai eu de la chance depuis que j’ai fini mes études : je ne me suis jamais retrouvée au chômage (seulement 2 semaines, entre Sigtuna et le Nationalmuseum). Les boulots se sont enchainés les uns aux autres et j’espère que ça va continuer comme ça. Une chose est sûre, maintenant que j’ai les deux pieds dans le marché du travail et un bon pied dans le monde du musée, je ne me fais pas vraiment de soucis pour mon avenir. :-) Déjà, après un an d’expérience professionnelle, j’ai réussi à atteindre, partiellement, un but qui me tient au cœur : travailler comme archiviste dans un musée. Je dis partiellement, parce que mon prochain emploi n’est « qu »’un contrat d’un an, mais c’est déjà pas mal.

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » ... ;-)





Commentaire de : Deline
Le lundi 16 octobre 2006 à 19:14
Et tu penses à tes pauvres soeurs qui te pleurent tous les soirs ??? snif snif...

Commentaire de : Scott
Le lundi 16 octobre 2006 à 21:21
Je vais le faire moi-même mon t-shirt "Hibiscus" !!! :-)

Commentaire de :  hibiscus
Le lundi 16 octobre 2006 à 23:39
@ Deline : Bien sûr, mais j'ai quelqu'un pour me consoler heureusement :-)
@ Scott : Montre-moi le résultat quand tu l'as fait. :-D

Commentaire de :  MeLu
Le mardi 17 octobre 2006 à 20:57
Hmmmmm ça fait un peu peur ton histoire... mais plutôt dans le sens "es-tu vraiment humaine ? Comment t'arrives à faire tout ça ?" et "raaaaah comment je me sens flemmasse à côté..."
MeLu-=^^=

Commentaire de :  hibiscus
Le mardi 17 octobre 2006 à 22:27
Ca fait peur mon histoire ? :-O Désolée, ce n'était pas le but ... Tu sais, tu fais la même chose que moi au début : au-pair et cours de suédois. Rien d'exceptionnel. ;-)

Commentaire de :  Scott
Le mardi 17 octobre 2006 à 22:56
C'est vrai que j'ai eu la même réaction que MeLu la première fois que j'ai lu ton article, d'où l'idée de faire un t-shirt "Super Hibiscus" :-)

Commentaire de : hibiscus
Le mardi 17 octobre 2006 à 23:06
Eh, vous avez bien lu ? "7 ans en Suède". On a le temps d'en faire des choses en 7 ans, non ? :-)

Commentaire de :  Scott
Le mardi 17 octobre 2006 à 23:33
Bof, ça fait 5 ans que j'y suis et pourtant t'es une référence pour moi :-)

Commentaire de : Deline
Le mercredi 18 octobre 2006 à 09:52
Je me demande si ma soeur n'a pas été trouvé dans un champ suite à une pluie de météorites (cf. Superman...)

Commentaire de :  MeLu
Le mercredi 18 octobre 2006 à 13:26
mui enfin quand même quoi... t'en as fait ENORMEMENT ! (et "peur" c'est pas le bon mot désolée, c'est peut-être "impressionnant" ?)
Qui qui vote pour "impressionnant" ?

Commentaire de :  Scott
Le mercredi 18 octobre 2006 à 14:15
C'est clair, on va lui décerner un prix du mérite :-) Je sais de quoi je parle, je réside en Suède

Publié dans Divers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article